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La Fédération
des producteurs de cultures commerciales du Québec (FPCCQ) est
prête à agir |
Longueuil, Québec
April 28, 2006
La Fédération des
producteurs de cultures commerciales du Québec (FPCCQ)
est prête à exercer les actions nécessaires au lendemain du
discours du budget qui se tiendra le 2 mai 2006.
"Les producteurs réagiront selon le degré de compréhension
dont est capable le gouvernement fédéral face à leur
situation, précise M. Christian Overbeek, président de la
FPCCQ. Il faut que le budget prévoie les mesures appropriées
pour sortir les producteurs de grains du gouffre dans lequel
ils sont tombés à cause des subventions aux producteurs de
grains américains. Autrement, nos membres devront rappeler
leur situation aux instances qui définissent la politique
agricole canadienne comme aux députés fédéraux et au grand
public."
Rappelons que le 18 avril 2006, le Tribunal canadien du
commerce extérieur (TCCE) rendait une décision néfaste pour
les producteurs de mais du Canada. Celle-ci stipulait que
les importations de mais des Etats-Unis ne causaient pas de
dommage, et ne menaçaient pas d'en causer, aux producteurs
de mais canadiens. De ce fait, les droits compensateurs et
anti-dumping, qui avaient été introduits provisoirement
depuis le 15 décembre 2005, ont été levés. Pourtant, dans sa
décision finale du 15 mars 2006, l'Agence des services
frontaliers du Canada (ASFC) avait déterminé que les
producteurs de mais américains recevait des subventions
déloyales et que le produit était vendu à prix de dumping
sur le marché canadien. Les effets de ces subventions et du
dumping s'élevaient à 68 $/tonne en regard du prix
d'importation actuel de 130 $/tonne pour du mais des
Etats-Unis acheminé à un utilisateur du Québec.
M. Overbeek poursuit en mentionnant que "les autorités n'ont
pas voulu se prévaloir des mécanismes en place pour rétablir
l'équilibre dans le commerce nord-américain du mais ? Alors,
que le gouvernement du Canada assume ses responsabilités et
soutienne ses producteurs de grains car il est impensable
que ceux-ci puissent concurrencer le Trésor américain. De
plus, il faut se rappeler que c'est non seulement les
producteurs de mais qui sont touchés par cette crise, mais
bien les producteurs de toutes les espèces de grains, étant
donné que chacune d'elles est souvent le substitut des
autres en alimentation animale ou en transformation
industrielle."
Aux premiers jours des semailles que les agriculteurs ont
peine à réaliser, le gouvernement fédéral doit ajuster le
tir en mettant fin aux disparités inacceptables que les
producteurs de grains canadiens et québécois subissent
depuis une décennie. Il en va de la compétitivité à long
terme des producteurs de grains et cela est du ressort
gouvernemental puisqu'il a lui-même compromis cette
compétitivité par son désengagement envers les producteurs.
A preuve, les données pour 2004 de l'Organisation de
coopération et de développement économique (OCDE) montrent
que le soutien aux revenus agricoles se chiffrait à 454 $US
per capita aux Etats-Unis et 327 $US per capita en Europe,
pendant qu'il atteignait un maigre 181 $US per capita au
Canada. De plus, Agriculture et Agroalimentaire Canada
prévoit une véritable secousse à l'égard des revenus
agricoles pour l'année 2006, alors que ceux-ci voguent vers
une réduction dramatique de 50 % par rapport à 2005, ou 81 %
par rapport à 2004 ! Il en résulte un taux d'endettement
agricole qui menace l'existence même de milliers de fermes
familiales québécoises et canadiennes.
Pour être jugées satisfaisantes, les mesures prévues au
budget du gouvernement fédéral de mardi devront équivaloir
aux demandes de la FPCCQ.
M. Overbeek les précise en signalant que "les producteurs de
grains veulent que le gouvernement instaure très rapidement
les mesures transitoires nécessaires s'élevant à 2,25
milliards $ par année d'ici à la révision du Cadre
stratégique agricole prévue en 2008. Ils exigent aussi que
le gouvernement mette en place, dès lors, une politique
agricole canadienne compétitive à l'image du Farm Bill des
Etats-Unis. Les paramètres de cette nouvelle politique
canadienne s'ajusteraient en fonction de la diminution des
subventions internationales constatée au fil du temps et
faisant suite aux négociations de l'OMC."
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