Paris, France
April 21, 2008
Source:
Proléa - La filière française des huiles et
protéines végétales
Alors que l’idée reçue qui prétend
que les biocarburants sont la cause principale de la faim dans
le monde se répand, la filière Diester tient à rappeler en quoi
le développement du Diester à partir du colza et du tournesol
produit en France est une production qui permet au contraire
d’accroître les disponibilités de matières premières au niveau
mondial. Par ailleurs, si l’urgence est aujourd’hui d’assurer
l’approvisionnement alimentaire des pays pauvres, c’est par
l’investissement dans les filières agricoles que se trouvent les
réponses sur le long terme. Le cours des matières premières
agricoles actuel est une opportunité à saisir pour cela.
Une série de facteurs qui a conduit à l’augmentation des prix
des matières premières
C’est la conjonction de nombreux facteurs qui a conduit à
l’augmentation des cours des matières premières agricoles :
- une série de mauvaises
années et d’accidents climatiques qui ont limité la
production agricole en Australie ; facteur sur lequel le
réchauffement climatique est en partie responsable ;
- l’évolution des niveaux de
vie en Asie qui fait exploser les importations de céréales,
d’huiles et de protéines végétales vers ce continent ; la
Chine et l’Inde, qui représentent 1/3 de la population
mondiale, ont vu leur consommation de matière première
alimentaire augmenter de 7 à 8% par an ces dix dernières
années ;
- l’augmentation des cours
du pétrole qui tire l’ensemble des marchés vers le haut ; et
- la spéculation financière
renforcée sur les marchés des matières premières agricoles
depuis la crise des subprimes.
Le développement européen de la
filière biodiesel, marché sur lequel le Diester est leader, se
fait de manière progressive et raisonnée. S’il a un impact sur
les cours des oléagineux et des huiles, il n’est que relatif au
regard de l’ensemble des facteurs mis en cause.
Le Diester, un biocarburant au développement maîtrisé
En France, en 2010, 2,5 millions d’hectares d’oléagineux (colza
et tournesol) seront produits pour satisfaire les besoins en
huiles alimentaires et l’objectif d’incorporation de 7% de
biodiesel dans les gazoles. Ce développement se fait dans un
cadre réglementé en Europe et est encore plus encadré en France
avec le système des agréments.
L’accompagnement par les Pouvoirs publics de la production de
Diester en France se justifie non seulement pour l’intérêt
environnemental du produit mais également pour l’intérêt que
représentent les coproduits du Diester pour l’alimentation
animale. Rappelons que la France est dépendante à plus de 45 %
d’importations de protéines végétales pour ses élevages.
Le Diester favorise la disponibilité mondiale de matières
premières alimentaires
Pour chaque litre de Diester produit en France, 1,5 kg d’aliment
pour les élevages est produit sous forme de tourteau. Cet
aliment riche en protéines remplace le tourteau de soja
traditionnellement importé du continent américain.
En 2010, ce sont ainsi près de 3,5 millions de tonnes de
tourteaux qui seront produits en France et c’est autant de
tourteaux de soja qui resteront disponibles sur les marchés
mondiaux.
Cela peut sans doute sembler paradoxal, mais la production
française de Diester à partir de colza et de tournesol est
clairement une réponse aux besoins alimentaires en viandes et en
produits animaux.
Construire des filières agricoles compétitives dans les pays
pauvres
Enfin, le niveau des cours des matières premières agricoles
atteints aujourd’hui doit être également vu comme l’opportunité
de construire des filières agricoles compétitives et
économiquement viables dans les pays pauvres, et notamment en
Afrique.
L’aide alimentaire vers ces pays est une urgence aujourd’hui. La
réflexion doit également se porter sur les moyens de
s’affranchir de cette aide. C’est par la coopération et par
l’investissement dans les infrastructures agricoles que se
trouvent les réponses. En Afrique, 500 millions d’hectares sont
cultivables en agriculture semi-pluviale mais des
infrastructures restent à construire.
D’ores et déjà, la filière Proléa a conduit des initiatives en
matière de coopération, de développement et de transfert de
technologies, notamment en Afrique sub-saharienne. |
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